L’art thérapie Partie I : Les idées reçues

L’art de l’art thérapie

L’art des idées reçues

L’art thérapie, tout le monde en a entendu parlé au moins une fois, mais qui c’est vraiment ce qu’elle est ?
Même s’il existe de nombreuses formations en art thérapie, qui reposent sur des travaux et principes différents, il y a tout de même une base commune à toutes, que ce soit dans ce qu’elle et surtout, dans ce qu’elle n’est pas.
En mettant directement à la poubelle ce qui sont, pour moi, les deux plus groses idées reçues sur l’art thérapie, je souhaite permettre une meilleure lecture de toute l’étendue de cette merveilleuse pratique au cours de mes prochains articles, sans idées préconçues, enfermantes et amoindrissantes.

Ici, chaque article te parleras de MA pratique, liée à ma formation, à mon parcours professionnel et la façon dont, au fil des années, ma manière d’accompagner a pu s’affiner. Etre art thérapeute, ce n’est pas juste savoir tenir un pinceau et encore moins simplement proposer d’enfiler des perles (du moins, quand c’est proposé sans y mettre du sens et un intérêt réel pour la personne accompagnée).

Non, promis, je n’est rien contre les loisirs créatifs, bien au contraire, j’adore ça !
Je les trouve notamment très intéressants pour apporter des espaces « off », déconnecter le mental hyperactif et simplement s’apporter de la joie. Les neurosciences montrent d’ailleurs que 45min de créativité permettent de réduire considérablement le taux de cortisol dans le corps. Tu sais, cette fameuse hormone du stress ?!
C’est-à-dire que si tu t’autorise ne serait-ce que 45min d’une pause détente créative, tu t’offre une bouffée de sérénité. Et ça : on adore !

Les loisirs créatifs n’ont aucunes vocations à être thérapeutique. Elles apportent du bien-être, certes, mais si tu traverses une période de vie difficile, qu’un ancien trauma refait surface, que tu rencontres des difficultés dans tes relations, etc. faire du loisir créatif ne sera pas suffisant.
En art thérapie, l’art est un outil à destination de l’accompagnement thérapeutique. Donc l’art thérapie utilise l’outil artistique au même titre que certaines thérapies utilisent le verbal, d’autres le corporel, etc.

Pour en revenir à nos moutons : art = outil, donc chaque proposition de médium créatif (pastel, écriture, etc.) sera proposé en fonction de ce qui semble être le plus pertinent pour la personne dans son avancée personnelle, de façon à s’exprimer et extérioriser au mieux ce qui se joue. Par exemple, l’écriture est super pour aller explorer le champ du mental !
On ne choisi donc pas un outil pour le plaisir seul, mais pour accompagner vers un sens, une direction porteuse pour la personne.

J’entends tellement de parents dire de leurs enfants « qu’ils dessinent super bien », mais que eux…ce n’est pas le cas !
Alors même si en art thérapie je ne juge pas l’esthétique, je vais m’autoriser exceptionnellement une petite sortie de route : si nous sommes capable de dire d’un enfant que son soleil est magnifique alors qu’il ressemble plutôt à un oeuf poilu…pourquoi ne pourrions-nous pas trouver de la beauté dans ce que nous faisons, nous, les adultes ?
N’est-ce-pas légèrement incohérent ?
Alors oui, bien-sur, comparer les capacités d’un enfant et celles d’un adulte est délicat sur bien des aspects (capacités, préhension, repères spaciaux, etc). Ce que je veux dire, c’est que quand nous félicitons un enfant pour sa réalisation, pour la beauté de celle-ci, nous lui accordons douceur et bienveillance au regard de ses capacités actuelles en train de se développer. Et oui, c’est vraiment magnifique ! Mais alors, qui a dit qu’un adulte devait absolument savoir dessiner parfaitement d’un point de vue académique pour avoir le droit, aussi, à un regard doux et bienveillant sur ce qu’il produit ? Ne pourrions-nous pas admirer sa capacité à oser s’exprimer par ce biais ?

Ici je pars du principe que si tu sais tenir un crayon (avec tes mains, ta bouche ou tes pieds) Alors c’est tout ce qui compte.

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